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Facturation électronique

Annuaire de la facturation électronique : sans plateforme désignée, vos fournisseurs n'ont pas d'adresse où vous écrire

Une question revient peu dans les contenus consacrés à la réforme, alors qu'elle décide de tout le reste : comment un fournisseur sait-il vous envoyer sa facture électronique ? La réponse tient dans une base de données gérée par l'administration, l'annuaire central. Et dans un document que beaucoup d'entreprises n'ont pas encore signé.

Ordinateur portable ouvert sur une table de réunion pendant qu'une personne prend des notes, équipe au travail en arrière-plan
À retenir
L'annuaire central référence toutes les entités assujetties à la TVA, avec un identifiant unique (SIREN ou SIRET). Y figurer n'est donc pas la question.
Ce qui manque, tant que rien n'est fait, c'est l'adresse de réception associée à votre entreprise. Elle naît de l'accord formel de désignation d'une plateforme agréée, que vous complétez et signez.
Sans cette désignation, la plateforme de votre fournisseur ne trouve pas de plateforme de réception à votre nom : la facture ne peut pas vous être acheminée par le circuit prévu.
Ce n'est pas un blocage d'activité. La DGFiP indique expressément qu'une facture reçue par courriel, PDF ou papier après le 1er septembre 2026 peut être traitée, payée, et la TVA déduite.
La désignation est déléguable : la DGFiP prévoit qu'elle se fasse « directement auprès de cette plateforme, soit indirectement, au moyen d'un mandat explicite » à un intermédiaire : expert-comptable, éditeur de logiciels.
En février 2026, 35 % seulement des entreprises de moins de 250 salariés avaient choisi une plateforme agréée (baromètre de la facturation électronique, 7e édition, conduit par OpinionWay pour le CNOEC et ECMA).

L'annuaire, en une phrase

La DGFiP le définit sans détour dans son livret destiné aux entreprises : c'est « la base de données centralisée et gérée par l'administration qui permet le correct adressage des factures du fournisseur au client à travers sa plateforme agréée ». Il est « constitué de toutes les entités privées ou publiques assujetties à la TVA qui sont donc dans le champ de la réforme », chacune « répertoriée avec un identifiant unique (SIREN ou SIRET) ».

En pratique, la plateforme de votre fournisseur s'y connecte pour identifier votre plateforme de réception, puis lui transmet la facture. L'annuaire ne transporte pas les factures : il indique où les déposer.

La confusion à éviter
On lit souvent qu'il faudrait « s'inscrire à l'annuaire » comme on s'inscrit à un service. Ce n'est pas le geste attendu. Votre entreprise y est déjà répertoriée en tant qu'assujettie. Ce qui doit y être ajouté, c'est l'adresse électronique de facturation qui pointe vers la plateforme que vous aurez choisie.

Le document qui crée votre adresse de réception

Le livret de la DGFiP est précis sur l'enchaînement. Une fois la plateforme choisie, « vous compléterez et signerez un accord formel de désignation de la plateforme de réception des factures, permettant notamment la mise à jour des adresses de l'annuaire des destinataires de factures électroniques ». Et l'administration ajoute que ce document « permet en outre à votre entreprise d'être enregistrée officiellement dans l'annuaire central de la facturation électronique auprès de la plateforme que vous aurez choisie ».

Autrement dit : l'annuaire est alimenté par les plateformes agréées, à partir des désignations qu'elles reçoivent. Le guide pratique de démarrage publié par la DGFiP en juillet 2026 le confirme du côté technique : l'annuaire est « mis à disposition des plateformes agréées par l'État et alimenté à partir des informations transmises par ces plateformes ».

Un point mérite d'être souligné, parce qu'il piège les entreprises déjà équipées. La DGFiP le signale elle-même : « Même si vous utilisez déjà un logiciel, vous devrez compléter et signer un accord formel de désignation d'une plateforme. » Avoir un logiciel de facturation, même récent, même conforme aux formats, ne vaut pas désignation.

La délégation à l'expert-comptable, telle que la DGFiP la prévoit

C'est le second point absent de la plupart des contenus sur le sujet, et c'est probablement le plus utile pour une petite structure. La désignation peut se faire de deux façons, écrit l'administration : « soit directement auprès de cette plateforme, soit indirectement, au moyen d'un mandat explicite, si vous faites le choix de déléguer ce choix à un intermédiaire (expert-comptable, éditeur de logiciels…) ».

Deux conséquences concrètes.

D'abord, le travail de sélection peut être délégué. Si votre comptabilité est déjà externalisée, la DGFiP indique que votre expert-comptable « peut vous accompagner dans le diagnostic et le choix de votre solution ». Beaucoup de cabinets ont raccordé leur portefeuille clients à une ou deux plateformes et proposent la désignation dans la foulée.

Ensuite, le mandat doit être explicite. Ce n'est pas une conséquence automatique de la lettre de mission ni du fait que votre cabinet tienne votre comptabilité. Si vous partez du principe que « le cabinet s'en occupe », la question à poser est simple et se règle en un message : la désignation a-t-elle été faite, auprès de quelle plateforme, et à quelle date.

Le message de trois lignes à envoyer aujourd'hui
« Bonjour, au sujet de la facturation électronique : avez-vous procédé pour nous à la désignation d'une plateforme agréée de réception ? Si oui, laquelle et depuis quand ? Si non, souhaitez-vous que je vous donne mandat pour le faire ? » La réponse vous situe immédiatement.

Ce qui se passe le 1er septembre 2026 si rien n'a été fait

Il faut le dire sans dramatiser, parce que la réalité est moins spectaculaire que ce qu'on lit parfois, et plus embêtante à moyen terme.

Vos fournisseurs ne peuvent pas vous adresser leur facture par le circuit prévu. Leur plateforme interroge l'annuaire, n'y trouve pas de plateforme de réception à votre nom, et l'acheminement échoue. Ce n'est pas une amende : c'est un flux qui ne part pas. Une fois la désignation faite, il reste à contrôler que le circuit fonctionne réellement : nous avons détaillé la méthode dans notre article pour vérifier que votre entreprise peut recevoir ses factures électroniques.

Vous pouvez toujours traiter et payer. La DGFiP est explicite dans son guide de démarrage : une facture reçue par courriel, PDF ou papier après le 1er septembre 2026 « ne doit pas être écartée au seul motif qu'elle n'a pas été transmise par le circuit électronique attendu ». Elle peut être traitée, payée, et la TVA déduite. L'administration demande la continuité de l'activité, pas son interruption.

Vous ne recevez pas d'amende du jour au lendemain. Le défaut de recours à une plateforme agréée en réception passe par une mise en demeure de trois mois avant toute amende. Nous détaillons les montants et les séquences dans notre article sur les sanctions issues de la loi de finances 2026.

En revanche, l'inertie est distinguée de la difficulté. La DGFiP annonce qu'elle ne sanctionnera pas mécaniquement les entreprises « engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité », mais qu'elle distinguera « ces situations de celles relevant d'une inertie, d'un évitement ou d'un refus durable d'entrer dans le dispositif ». Et elle précise qu'« une simple déclaration d'intention ne suffit pas » : elle attend des éléments concrets et datés, au premier rang desquels « le choix ou la contractualisation d'une plateforme agréée ».

C'est là que se joue la différence. Une entreprise qui a signé sa désignation en septembre et rencontre des difficultés techniques est dans un cas de figure prévu. Une entreprise qui n'a rien engagé en mars 2027 est dans l'autre.

Où en sont les autres

Le baromètre de la facturation électronique, conduit par OpinionWay pour le CNOEC et ECMA, dont le terrain date de février 2026, donne l'ordre de grandeur pour les entreprises de moins de 250 salariés :

Indicateur (février 2026)Part des entreprises
Engagées dans un plan d'action ou déjà opérationnelles62 %
Ont choisi une plateforme agréée35 %
Pas encore inscrites à l'annuaire nationalplus d'une sur deux
Estiment que l'expert-comptable jouera un rôle déterminant78 %

La lecture utile n'est pas « tout le monde est en retard, donc ce n'est pas grave ». Elle est plutôt : la file d'attente se formera dans les dernières semaines, chez les plateformes comme chez les cabinets. Une désignation signée en août se traite dans des conditions différentes d'une désignation signée fin septembre.

Vous êtes déjà dans l'annuaire. Ce qui vous manque, c'est une adresse à laquelle on puisse vous écrire. Et elle tient à une signature.

Les trois gestes, dans l'ordre

  1. Vérifier ce qui existe déjà. Votre logiciel de gestion, votre banque ou votre cabinet vous ont peut-être déjà raccordé. Posez la question avant d'en choisir une.
  2. Choisir une plateforme agréée, ou donner mandat. Seules les plateformes immatriculées par la DGFiP figurent sur sa liste officielle. Notre comparateur permet d'en confronter deux à quatre, et notre guide du choix détaille les critères. Si vous préférez déléguer, le mandat explicite à votre expert-comptable est la voie prévue par l'administration.
  3. Signer l'accord formel de désignation, et conserver la date. C'est ce document qui déclenche la mise à jour de votre adresse dans l'annuaire, et c'est aussi la première pièce d'un dossier de conformité si l'administration vous interroge.
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Questions fréquentes

Dois-je m'inscrire moi-même à l'annuaire de la facturation électronique ?
Non, pas au sens d'une inscription à créer. L'annuaire répertorie déjà toutes les entités assujetties à la TVA sous leur SIREN ou SIRET. Ce que vous devez faire, c'est désigner une plateforme agréée de réception : c'est elle qui transmet à l'annuaire l'adresse électronique de facturation associée à votre entreprise.
J'ai déjà un logiciel de facturation, suis-je couvert ?
Pas automatiquement. La DGFiP indique que même en utilisant déjà un logiciel, il faut compléter et signer un accord formel de désignation d'une plateforme, directement ou par mandat. Un logiciel qui produit le bon format sans être immatriculé est une solution compatible : il doit s'appuyer sur une plateforme agréée pour transmettre et recevoir.
Mon expert-comptable peut-il choisir la plateforme à ma place ?
Oui, à condition de lui donner un mandat explicite. C'est la modalité prévue par l'administration pour déléguer le choix à un intermédiaire. Le mandat ne découle pas implicitement de la lettre de mission : il se formalise.
Que se passe-t-il concrètement si je ne suis pas raccordé au 1er septembre 2026 ?
Vos fournisseurs ne peuvent pas vous adresser leur facture par le circuit électronique, faute d'adresse de réception à votre nom dans l'annuaire. Vous pouvez toujours recevoir, traiter et payer une facture par courriel, PDF ou papier, et déduire la TVA. Le défaut de recours à une plateforme fait l'objet d'une mise en demeure de trois mois avant toute amende.
Peut-on désigner plusieurs plateformes ?
Oui. Rien n'oblige à concentrer émission, réception et transmission de données chez un même opérateur : une entreprise peut faire un choix distinct pour la facturation et pour la transmission des données de transaction. Ce que la réforme exige, c'est qu'au moins une plateforme agréée soit désignée pour la réception.
Où vérifier qu'une plateforme est bien agréée ?
Sur la liste publiée et mise à jour par la DGFiP. Nous en tenons une version consultable dans notre annuaire des plateformes agréées, avec un vérificateur d'immatriculation pour lever un doute sur un nom précis. Savoir ce qui s'applique à vous, et à quelle date Trois questions suffisent pour obtenir vos échéances de réception, d'émission et d'e-reporting. Faire le diagnostic
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