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Facturation électronique

Facturation électronique : les sanctions prévues par la loi de finances 2026, en clair

L'article 123 de la loi de finances pour 2026 a relevé les amendes liées à la facturation électronique. Les montants circulent depuis, souvent sans leur plafond, sans leur date d'application, et parfois confondus avec ceux qui visent les plateformes plutôt que les entreprises. Cet article reprend chaque sanction telle qu'elle figure au code général des impôts : le montant, le plafond, qui elle vise, et à partir de quand.

Dans un open space, un homme tient un tampon encreur au-dessus de son bureau, piles de dossiers archivés à droite
À retenir
50 € par facture non émise au format électronique alors que l'entreprise y est tenue, plafonné à 15 000 € par année civile (article 1737, III du CGI). Le montant était de 15 € avant la loi de finances pour 2026.
500 € puis 1 000 € en cas de défaut de recours à une plateforme agréée, et seulement après une mise en demeure restée sans effet pendant trois mois (article 1737, IV bis).
500 € par transmission manquante au titre de l'e-reporting, plafonné à 15 000 € par an (article 1788 D). Le montant était de 250 €.
Aucune amende n'est appliquée s'il s'agit d'une première infraction sur l'année en cours et les trois précédentes, et qu'elle est corrigée spontanément ou dans les trente jours suivant une première demande de l'administration (article 1737, V).
Les plafonds de 45 000 € et 100 000 € que l'on croise parfois ne concernent pas les entreprises : ils s'appliquent aux plateformes agréées.
Une TPE ou une micro-entreprise n'a pas d'obligation d'émettre avant le 1er septembre 2027. L'échéance du 1er septembre 2026 porte, pour elle, sur la capacité à recevoir.
Dossier · Facturation électroniqueFacturation électronique 2026-2027 : ce que les TPE et PME doivent vraiment anticiperVoir le dossier →

Où sont écrits ces montants

Les sanctions ne figurent pas dans la loi de finances elle-même mais dans le code général des impôts, que son article 123 modifie. Deux articles portent l'essentiel :

l'article 1737 du CGI, pour les manquements liés à la facture elle-même ;
l'article 1788 D du CGI, pour les manquements liés à la transmission de données.

La version de l'article 1737 citée ici est celle en vigueur depuis le 21 février 2026, deux jours après la promulgation de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026. C'est la référence à retenir : les articles publiés avant cette date citent les anciens montants, et ils sont encore nombreux en ligne.

50 € par facture, dans la limite de 15 000 € par an : l'amende sur l'émission

L'article 1737, III du CGI dispose que le non-respect de l'obligation d'émettre une facture sous forme électronique « donne lieu à l'application d'une amende de 50 € par facture, sans que le total des amendes appliquées au titre d'une même année civile puisse être supérieur à 15 000 € ».

Deux choses en découlent.

D'abord, le plafond est annuel et par entreprise. À 50 € l'unité, il est atteint à partir de 300 factures non conformes dans l'année. Au-delà, le montant n'augmente plus.

Ensuite, l'amende porte sur l'émission, pas sur la réception. Elle ne peut donc s'appliquer qu'à une entreprise déjà soumise à l'obligation d'émettre, ce qui, pour les TPE et les micro-entreprises, ne commence pas avant le 1er septembre 2027 (voir plus bas).

Ce que le passage de 15 € à 50 € change vraiment
Le plafond annuel, lui, n'a pas bougé : il reste à 15 000 €. Le relèvement rend donc l'amende plus lourde pour les petits volumes de factures, et ne change rien pour les entreprises qui atteignaient déjà le plafond.

500 € puis 1 000 € tous les trois mois : l'amende sur le défaut de plateforme

L'article 1737, IV bis du CGI vise l'entreprise qui n'a pas recours à une plateforme agréée. Le mécanisme est en trois temps, et il commence toujours par un avertissement :

  1. l'administration adresse une mise en demeure de régulariser sous trois mois ;
  2. si la situation n'est pas régularisée à l'issue de ce délai, une amende de 500 € est appliquée ;
  3. après une nouvelle mise en demeure restée sans effet trois mois de plus, l'amende passe à 1 000 €, puis 1 000 € à chaque nouvelle période de trois mois tant que l'entreprise ne s'est pas mise en conformité.

Le point à retenir n'est pas le montant, c'est la séquence : cette sanction ne tombe pas sans préavis. Une entreprise qui reçoit une mise en demeure dispose de trois mois pleins pour s'équiper, et l'amende ne se déclenche qu'une fois ce délai écoulé. L'annuaire des plateformes agréées recense les offres disponibles, dont les plateformes gratuites pour les petits volumes.

C'est aussi la sanction la plus souvent mal citée : elle ne se cumule pas avec les 50 € par facture, elle ne vise pas le même manquement. L'une porte sur le format des factures émises, l'autre sur l'absence d'outil pour les recevoir.

500 € par transmission manquante : l'e-reporting

L'article 1788 D du CGI, dans sa rédaction issue de l'article 123, fixe l'amende pour défaut de transmission des données de transaction (article 290 du CGI) et des données de paiement (article 290 A) à 500 € par transmission, avec un plafond de 15 000 € par année civile. Ce montant était de 250 € avant la loi de finances pour 2026.

L'e-reporting concerne la transmission à l'administration de données sur des opérations qui ne passent pas par la facturation électronique entre entreprises françaises : ventes aux particuliers, opérations avec l'étranger, encaissements. Notre lexique de la facturation électronique détaille le périmètre exact de chaque terme.

Première infraction : l'amende n'est pas appliquée si vous corrigez sous trente jours

C'est la disposition la moins reprise, et probablement la plus utile. Le V de l'article 1737 prévoit que les amendes ne sont pas applicables « en cas de première infraction commise au cours de l'année civile en cours et des trois années précédentes lorsque l'infraction a été réparée spontanément ou dans les trente jours suivant une première demande de l'administration ».

Concrètement : une entreprise qui n'a rien à se reprocher sur les trois dernières années et qui corrige son manquement dans le mois qui suit la demande de l'administration ne paie pas l'amende. Ce n'est pas une tolérance officieuse ni une pratique d'usage. C'est écrit dans l'article lui-même.

La conséquence pratique
Un courrier de l'administration sur ce sujet ouvre un délai, il ne constate pas une dette. Le réflexe utile est de traiter le manquement dans les trente jours, pas de provisionner une amende.

45 000 € et 100 000 € : des plafonds qui ne visent pas les entreprises

Deux montants élevés circulent dans les articles consacrés au sujet. Ils existent, mais ils s'appliquent aux plateformes agréées, pas à leurs clients :

ManquementQui est viséMontantPlafond annuel
Facture non émise au format électronique (1737, III)l'entreprise50 € / facture15 000 €
Défaut de recours à une plateforme agréée (1737, IV bis)l'entreprise500 € puis 1 000 € / 3 moisnon applicable
Défaut de transmission des données (1788 D)l'entreprise500 € / transmission15 000 €
Manquement aux obligations de transmission (1737, IV)la plateforme agréée50 € / facture45 000 €
Défaut de transmission des données (1788 D)la plateforme agréée750 € / transmission100 000 €

Une entreprise qui choisit une plateforme agréée n'hérite pas des sanctions qui pèsent sur elle. C'est d'ailleurs l'une des raisons d'être de l'agrément : les obligations techniques de transmission incombent à la plateforme, et elle en répond.

Ce qui peut être sanctionné au 1er septembre 2026, et ce qui attend 2027

Le calendrier publié par impots.gouv.fr distingue deux obligations qui n'ont pas la même échéance :

ÉchéanceRéceptionÉmission
1er septembre 2026toutes les entreprisesgrandes entreprises et ETI
1er septembre 2027déjà applicablePME, TPE, micro-entreprises et indépendants

Une micro-entreprise qui n'émet pas encore de factures électroniques au 1er septembre 2026 n'est donc pas en infraction : son obligation d'émission commence un an plus tard. En revanche, elle doit être en mesure d'en recevoir dès septembre 2026, et c'est le manquement au IV bis, avec sa mise en demeure de trois mois, qui correspond à cette situation.

Autrement dit, la première sanction susceptible de concerner une petite structure n'est pas l'amende par facture, mais celle liée à l'absence de plateforme pour recevoir. Notre calendrier détaillé 2026-2027 précise les dates par profil, et notre article sur les très petits chiffres d'affaires traite les cas où l'on se demande si l'on est concerné du tout.

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Questions fréquentes

Est-ce que je risque 50 € par facture dès septembre 2026 ?
Uniquement si votre entreprise est déjà soumise à l'obligation d'émettre au format électronique, c'est-à-dire si c'est une grande entreprise ou une ETI. Pour une PME, une TPE ou une micro-entreprise, l'obligation d'émission commence au 1er septembre 2027 : avant cette date, l'amende de l'article 1737, III ne peut pas s'appliquer à ce titre.
Les 15 000 € sont-ils par facture ou par an ?
Par année civile et par entreprise. C'est le total cumulé des amendes de l'article 1737, III sur l'année, quel que soit le nombre de factures concernées. Ce plafond est atteint à partir de 300 factures non conformes.
L'amende de 500 € peut-elle tomber sans prévenir ?
Non. L'article 1737, IV bis subordonne l'amende à une mise en demeure préalable et à un délai de trois mois pour régulariser. L'amende n'est due que si la situation n'a pas été corrigée à l'expiration de ce délai.
J'ai reçu un courrier me demandant de payer une mise en conformité, est-ce une amende ?
Non. Une amende fiscale est notifiée par l'administration, elle n'est jamais réglée à une société privée. Les sollicitations commerciales qui reprennent le vocabulaire réglementaire sont un phénomène distinct, que nous traitons dans notre article sur les faux courriers de mise en conformité.
Où vérifier moi-même ces montants ?
Sur Légifrance, à l'article 1737 du CGI et à l'article 123 de la loi de finances pour 2026 pour le détail des modifications. Vérifiez que la version affichée de l'article 1737 est bien celle en vigueur depuis le 21 février 2026. Situer votre entreprise avant de vous équiper Trois questions suffisent à savoir quelles obligations s'appliquent à vous, à quelle date, et donc quelles sanctions peuvent vous concerner. Faire le diagnostic
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