LMNP : micro-BIC ou régime réel, comment choisir en 2026
Louer un logement meublé place mécaniquement le propriétaire dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), même sans activité professionnelle déclarée. C'est le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP). Deux régimes d'imposition sont alors possibles, et le choix entre les deux peut représenter plusieurs centaines, parfois plusieurs milliers d'euros d'impôt par an : le micro-BIC, simple et forfaitaire, ou le régime réel, plus lourd administrativement mais souvent plus avantageux dès que le bien est financé à crédit ou de valeur significative.

Micro-BIC : la simplicité de l'abattement forfaitaire
Le régime micro-BIC s'applique par défaut dès lors que les recettes locatives annuelles ne dépassent pas 83 600 € pour une location meublée classique (résidence principale du locataire, bail meublé de longue durée). Aucune comptabilité à tenir, aucun justificatif de charges à produire : l'administration applique directement un abattement de 50 % sur les loyers déclarés, et seule la moitié restante est soumise à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.
Cette simplicité a un coût : l'abattement forfaitaire ne tient aucun compte des charges réelles du bien. Pour un logement acheté cash, sans gros travaux, l'abattement de 50 % peut suffire à couvrir les frais réels. Le micro-BIC est alors difficile à battre. Pour un bien financé à crédit, la situation change du tout au tout.
Régime réel : l'amortissement, la vraie différence
Le régime réel permet de déduire l'intégralité des charges liées au bien : intérêts d'emprunt, charges de copropriété, taxe foncière, frais de gestion, travaux d'entretien, et surtout l'amortissement comptable du bien et du mobilier, qui n'existe nulle part au micro-BIC.
L'amortissement consiste à répartir la valeur du bien (hors terrain, non amortissable) sur sa durée d'usage estimée (généralement autour de 30 ans pour le bâti et 7 ans pour le mobilier), et à déduire chaque année la fraction correspondante, sans qu'aucune sortie de trésorerie n'ait lieu. C'est une charge purement comptable, mais elle réduit directement le bénéfice imposable.
Concrètement, il n'est pas rare qu'un bien en LMNP au réel affiche un résultat fiscal proche de zéro pendant plusieurs années, malgré des loyers perçus confortables. L'amortissement absorbe une grande partie du bénéfice imposable. C'est ce mécanisme qui explique pourquoi le réel devient souvent plus intéressant que le micro-BIC dès que le bien est de valeur significative ou financé à crédit.
Quand le réel devient-il plus avantageux ?
Il n'y a pas de réponse universelle. Tout dépend du rapport entre les loyers perçus et le montant des charges + amortissement déductibles. Quelques repères pour orienter la réflexion :
- Bien financé à crédit récent : les intérêts d'emprunt des premières années sont élevés, et s'ajoutent à l'amortissement. Le réel prend presque toujours l'avantage.
- Bien de valeur élevée par rapport aux loyers (zone tendue, achat récent) : l'amortissement annuel représente une part importante des loyers, souvent plus que les 50 % d'abattement forfaitaire.
- Bien ancien, acheté cash, peu de travaux : l'écart entre charges réelles et abattement forfaitaire est plus faible. Le micro-BIC peut rester compétitif, notamment pour sa simplicité de gestion.
- Multi-biens ou activité qui se développe : au-delà du seul calcul fiscal annuel, le réel devient pertinent dès que la structure des revenus se complexifie et justifie un suivi comptable rigoureux.
Pour chiffrer précisément votre situation (vos loyers, vos charges réelles, le prix d'achat et la part du mobilier), notre simulateur LMNP micro-BIC ou réel compare les deux régimes sur vos propres chiffres, y compris l'amortissement plafonné et son report éventuel. Retrouvez cet outil et d'autres simulateurs utiles à un propriétaire bailleur dans notre hub Ressources.
Le calendrier de l'option pour le réel
Le régime réel n'est pas automatique dès lors qu'on dépasse le seuil du micro-BIC : il faut l'avoir choisi, ou l'avoir subi en dépassant le seuil de recettes. Deux cas de figure :
Besoin d'aider votre choix avec un professionnel ?
Un expert-comptable habitué aux revenus locatifs peut chiffrer votre situation précise, vérifier l'amortissement optimal et sécuriser votre déclaration.
Conclusion
Le micro-BIC séduit par sa simplicité, mais son abattement forfaitaire de 50 % ignore la réalité des charges d'un bien financé à crédit ou de valeur élevée. Le régime réel, plus exigeant en suivi, ouvre la déduction de l'amortissement, souvent le levier fiscal le plus puissant en LMNP. Le bon choix dépend de votre situation précise et doit s'apprécier sur plusieurs années, pas seulement sur l'année en cours.
LMNP : micro-BIC ou réel ?
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